jeudi 25 mai 2006

La dalle flottante (fin)

La dalle flottante est terminée, pas tout à fait comme prévu.

Heureusement, on peut compenser les imprévus et les erreurs... enfin j'espère !

Voici la photo panoramique de la dalle :

vue panoramique de la dalle

Les différences par rapport au projet initial

L'épaisseur de la dalle : la dalle ne fait finalement que 15 cm d'épaisseur moyenne au lieu des 25 prévus. C'est en partie une histoire de budget et aussi parce qu'en plus des fibres, il y a un treillis soudé.

Cette épaisseur sera augmentée de 10 cm par un pourtour en béton aux endroits où reposeront les poteaux : on aura donc bien les 25 cm prévus là où le poids est le plus élevé. Les photos ci-dessous montrent le coffrage de ce pourtour (montage de plusieurs photos qui déforme un peu mais permet une vision panoramique).

Coffrage du pourtour vu de l'ouest Coffrage du pourtour vu de l'ouest
Coffrage du pourtour vu de l'est Coffrage du pourtour vu de l'est

Selon le maire de notre village, ancien maçon, qui a eu la gentillesse de nous conseiller au sujet de nos fondations, c'est une épaisseur largement suffisante (il nous conseillait 10 cm au début) : la structure sera ainsi plus légère tout en étant aussi solide ; pour lui, c'est le meilleur moyen de résister au problème de retrait-gonflement de l'argile. La dalle "flotte" comme un radeau.

Les terrains de la commune sont en effet extrêmement argileux et les fondations classiques et profondes ne sont pas une garantie de solidité : d'ailleurs, pas très loin de chez nous, une maison est gravement fissurée malgré des fondations "solides" faites dans les règles de l'art !

Ferraillage et polyane. J'ai donc cédé pour le ferraillage. Au départ, je ne peux pas dire que c'était dans l'esprit de "suivre la vague plutôt que s'y opposer" qui est censée être ma philosophie !!! Mais bon, la "crise" a malgré tout été brève.

Et d'ailleurs, nous n'avions plus le choix : trois jours avant la livraison du béton, alors que nous n'avions plus le temps de le commander chez un concurrent, le gérant de la centrale à béton ne voulait plus nous livrer si nous continuions à refuser le ferraillage et le polyane (selon lui indispensable pour que le béton ne soit pas trop vite asséché par les cailloux) !

L'épaisseur de cailloux et la qualité du draînage dans la partie nord de la dalle. Je reprends pour rappel la vue en coupe (coupe A-B) de la dalle du précédent article :

Vue en coupe A-B

La pente naturelle est bien utilisée et les cailloux reposent sur le sol naturel et non sur du remblais : c'est une garantie de stabilité.

Mais deux erreurs cumulées font que le draînage ne sera pas si facile que prévu dans les 2 premiers mètres (côté A).

En effet, je me suis trompé dans le calcul de la pente (beaucoup plus importante que prévu) ET les terrassiers ont fait un trou plus grand que ce que nous avons demandé. Résultat, il aurait fallu encore une centaine de tonnes de cailloux, voire davantage, pour arriver aux 20-25 cm prévus côté A (nord). Impossible : le "budget cailloux" étant déjà dépassé par les 170 tonnes déjà étalées !

Donc, la partie nord de la dalle (côté A) touche quasiment le sol d'origine et, la pente étant "perturbée" à cet endroit (les mouvements du tracteur ont trop "charcuté la terre encore très humide à ce moment-là), l'eau y stagne au lieu de s'écouler. On ne peut pas dire que ce soit réussi question draînage ! Il ne nous reste plus qu'à creuser avant la dalle pour y installer un drain qui enverra l'eau de ruissellement un peu plus loin, là où les cailloux commencent à être assez épais et la pente plus nette.

Là encore, après la déception initiale, on s'est dit que ça ne méritait pas d'en faire un drame. En plus, il nous restait tout juste la longueur qu'il faut de drain, et on se demandait ce qu'on allait bien pouvoir en faire ! Et la présence du polyane, qui évitera la remontée d'eau par capillarité dans la partie de la dalle qui se retrouve quasiment au contact du sol d'origine, est finalement bienvenue.

Les cailloux utilisés : 100 tonnes de gros galets (40-80), pour un draînage maximal, recouverts ensuite de 70 tonnes de calcaire dur lavé (20-40). Les seconds n'étaient pas prévus et c'est parce qu'ils sont un peu moins chers que les galets, tout en restant suffisamment draînants qu'on les a choisis !

Conclusion ?

Ceux qui disent qu'il faudrait s'entraîner sur une petite maison avant d'en faire une grande ont raison !!! Sauf qu'il faut avoir le budget et le temps pour ça.

D'où l'intérêt d'aller participer à des chantiers pour voir ce que ça donne en situation réelle !

On n'est jamais assez préparé, même quand on pense avoir prévu... l'imprévu.

Reprise des commentaires de l'ancien site

Super intéressant! Notre projet est trés similaire (MOB+paille, terrain en pente, sous-sol argileux), et j'étais parti pour faire un hérissonnage et des fondations de 80 cm, mais à la lecture de ton article, je me rends compte que la dalle flottante est probablement ce qu'il y a de plus simple et plus adapté. Johnix Réponse de Thierry : En tout cas, c'est le pari que nous avons fait ; on verra bien dans dix ans si c'est le bon !!! Aujourd'hui, si c'était à refaire, je continuerais avec l'idée de la dalle flottante (plutôt en pierre et chaux, je crois que c'est possible). Mais je la mettrais plutôt sur un lit de sable (sur un geotextile pour le contenir) que sur un lit de cailloux : d'une part c'est plus facile à manier, d'autre part, le sable ayant toujours un certain degré d'humidité, même bien draîné par la pente, l'argile serait maintenue dans un état constant d'humidité, ce qui l'empêcherait d'avoir des variations de volume de la même façon que si elle était maintenue constamment sèche. En résumé : avec des galets, c'est l'option « argile maintenue constamment sèche » qui est privilégiée tandis qu'avec le sable, c'est l'option « argile constamment humide ». La différence, c'est que la seconde est probablement plus facile à réaliser que la première. Enfin, C'est l'idée que je m'en fais ! Si quelqu'un a des éclairages à nous donner, ce sera avec plaisir :-)